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Jacques

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Habileté à manipuler la parenté, une spécificité humaine.
* le: 31 mai 2008, 01:31:36 *
* Modifié: 31 mai 2008, 01:35:42 par Jacques *
On May 30, 11:15 am, "François Guillet" <guillet.franc...@wanadoo.fr>
wrote:
> > "Jacques Lavau" <Nolavauspamjac@klube_internaite.effaire> a écrit : 
> > > François Guillet wrote:
> >
> > | > "Marco Paulo" <mmane...@nordnet.fr> a écrit dans le message de news:
> > | > 59a7c385-3dce-4ba1-b672-1a0fc1a2e...@e53g2000hsa.googlegroups.com...
> > | > ...
> > | > | Elle vous manipule tous, et vous tombez tous dans le panneau.
> > | >
> > | > Tu crois sérieusement que le père qui dit "areu-areu" est manipulé
> > | > intentionnellement par son bébé et non qu'il s'amuse avec lui ?!

Si tu supprimes "intentionnellement", ton affirmation devient exacte.

Totalement altriciels et dépendants, nos bébés ont tout intérêt à vite
apprendre à manipuler ces énormes actionneurs intelligents, que sont
la parenté.

Heureusement pour eux, l'évolution a sélectionné bon nombre de
réflexes complémentaires, de bébés à grands, et de grands à bébés.
Dans la plupart des cas, ces combinaisons fonctionnent plutôt bien, et
la communication intergénérationnelle s'amorce bien.

La redondance de ces réflexes n'est pas toujours suffisante. Bruno
Bettelheim avait consacré un livre au désarroi des parents devant des
enfants autistes.
D'autres cas parviennent parfois à la rubrique "faits divers" des
journaux. Une minorité d'entre les cas dramatiques, toutefois.

Nous sommes le plus souvent révoltés à voir le parasitage des
phragmites des joncs par une femelle coucou et par son rejeton, qui
sitôt éclos, jette hors du nid les oeufs légitimes ou oisillons
légitimes. Juste quelques signaux sociaux à imiter, et hop ! Le
parasitage réussit. Juste la couleur et les motifs des oeufs de
l'espèce parasitée, et le motif coloré dans le bec ouvert de
l'oisillon.

Dans l'espèce humaine, les modes de parasitage de nos réflexes
parentaux sont nombreux aussi. Celui qui me met en sourde rogne, c'est
la blonde platinée, qui parasite deux signaux sociaux simultanément :
- D'une part, elle exige le respect et l'écoute dûs aux vieillards à
cheveux blancs, pleins d'expérience,
- d'autre part, elle exige l'attendrissement et la protection dûs aux
bébés, à chevelure plus claire que les adultes, ou même plus claire
que celle des pré-adolescents.

Les sectes endonuisibles, à cannibalisme interne (genre Scientologie
et Témoins de Jéhovah) de leur côté, imitent les signaux sociaux
parentaux, et en tirent des bénéfices financiers monstrueux en parasitant
des enfants paumés, mais assez âgés pour travailler gratuitement pour la
secte.

Bref : La parasite nous broute les couilles...


> > | Si tu supprimes "intentionnellement", ton affirmation devient exacte.
> >
> > Elle reste exacte, parce que "manipuler" est toujours intentionnel.
> > Je l'ai cependant précisé, en faisant un pléonasme, parce que je me suis douté qu'on
> > allait quand même me faire l'objection.

Réflexion faite, et après remémoration précise de l'intensité et de la
concentration de nos bébés, pour placer un "heu", les yeux dans les
yeux, avec un placement précis de la langue et des lèvres, je confirme
que nos bébés nous manipulent en pleine intention, et souvent en
pleine concentration : leur vie en dépend.

C'est bien là la particularité discriminante de nos bébés, comparés à
d'autres petits de vertébrés supérieurs : Ils sont parmi les plus
impotents et les plus dépendants, mais ils sont bien les seuls d'entre
eux à consacrer autant d'efforts à regarder et à communiquer,
notamment à voix, avant d'avoir l'autonomie par la motricité.

Et là je ne nie en rien que d'autres petits animaux soient touchants,
et très actifs à maintenir et reprendre le contact, mais ils le font
quand leur motricité est beaucoup plus développée. Je pense à ce
chaton qui me grimpait jusqu'au sommet de la tête, et je ne te raconte
pas ses griffes. Même époque, ses efforts pour nous suivre dans des
herbes gigantesques pour lui, et bien plus dramatique, son escalade du
grillage pour me rejoindre sur le terrain voisin où j'abattais un
arbre mort, étouffé par le lierre et dévoré par les fourmis, qui nous
menaçait : je tremblais qu'il se déchirât le ventre sur les picots du
sommet du grillage, sans pouvoir faire un seul geste efficace d'où
j'étais. Ouf ! Tout s'est bien passé.

Manipuler est une spécialité de l'espèce humaine.
Ce n'est pas la seule.
La tenue automatique, inconsciente et universelle d'un Grand Livre des
loyautés dues (dans les deux sens : celles que l'on me doit, et celles
que je dois) et des injustices à réparer ou compenser, est elle aussi
une spécificité humaine.
Avec l'avantage intellectuel que là au moins on a un candidat
vraisemblable pour son siège neurologique. Alors qu'on est encore
démunis pour désigner le support neurologique de la stupéfiante
habileté des petits d'humains à manipuler les géants de la parenté.  A
moins toutefois qu'on ait des données sur les déficiences
neurologiques des enfants autistes, cas par cas ?